©l'Oeil des Cariatides, 2010 - Crédits

EXIL ET VOLATILES

D’après Les Oiseaux d’Aristophane
Création

«Où l’on est bien, là est la patrie… »

Mise en scène et adaptation :
Elodie CHANUT
Scénographie : Yves BERNARD
Lumière : Pascal NOEL
Son : Marc BRETONNIERE
Masques : D.M CHANUT
Collaboration artistique/Chorégraphie : Olivier CHANUT
Comédiens :
Daniel MARTIN
Vincent SCHMITT
Maxime Le GALL
Paolo PALERMO
Irina SOLANO
Nicolas BONVOISIN
(distribution en cours)


L’histoire :

«  Dis moi, jeune comme tu es, tu dénonces, les étrangers ?... »

Deux citoyens déçus de la démocratie décident de quitter la vie procédurière et agitée de leur cité et de prendre la route de l’exil. Deux jouisseurs, qui se laissent guider par une pensée à laquelle le désir donne des ailes et qui se fraient un chemin à faire voler en éclats toute frontière. Deux libres penseurs : L’un quelque peu Ubuesque, l’autre descendant plutôt de Rabelais ou de Dionysos, cette divinité des marges, ce passeur de frontières, cet étranger , ce « né Hors les murs ».

Dans leur quête hasardeuse d’une vie bien tranquille, ils arrivent au pays des libres oiseaux et décident d’y bâtir une cité. Dés lors, « tout devient possible »…

« - Reviens Evelpidès, je te nomme commandant en chef de la citadelle !
- Je m’en bats l’aile, les murs et les cités ne sauraient avoir murailles plus sûres que la vertu des citoyens !... »


L’Adaptation :

Mon travail dramaturgique de ces deux dernières années sur le thème de l’exil, autour des « oiseaux », m’a conduite vers l’idée d’un Homme libre, autonome, sans appartenance ethnique, politique ou religieuse. Je me suis alors penchée sur la figure de Dionysos, ce dieu étranger, changeant de Masque pour ne pas être classé, être toujours « celui qui vient ». Ensuite m’est apparu un besoin de liberté de ton et de jouissance, je l’ai trouvé dans l’œuvre de Rabelais Intuitivement m’est venue L’idée de réunir : Aristophane, Dionysos et Rabelais, dans une libre adaptation du texte « Les Oiseaux ». Plus tard, dans mes recherches, je tombais sur cette phrase de Du Bellay : «Rabelais: celui qui fait renaître Aristophane». Mon intuition devint assurance. D’ailleurs tous deux invitent à s’exiler pour fonder une nouvelle cité et imaginent une cité idéale : La « coucouville -les nuées » d’ Aristophane et la « Thélème »de Rabelais. Tous deux ont inventé un monde d’oiseaux « l’Isle sonnante » de Rabelais et la cité des oiseaux d’Aristophane… Si avec Aristophane, on se disait : « Où l’on est bien, là est la patrie » et que l’on décidait de faire voler en éclat toute frontière. Qui alors, aurait prise sur nous ? Si avec Dionysos ce passeur de frontières, cet étranger, garant des écritures vagabondes, on changeait de masque, qui alors, pourrait nous gouverner ? Si avec Rabelais on décidait de jouir à volonté, gouverné par notre libre arbitre, qui alors, pourrait nous arrêter ?
Ces deux poètes m’attirent par leur originalité, leur style, tous deux maîtres d’un langage d’une richesse et d’une grande cocasserie. Tous deux croyant en leur rôle d’éducateur des foules. Leur écriture est d’une grande Liberté de ton. Je les vois tous deux savourer chaque mot avec frénésie inventant des mots nouveaux se sentant limités dans leur propre langue, se moquant de tout et de tous avec un excès et une bouffonnerie qui se voulaient profitables. Intentions de mise en scène : Ce qui m’attire dans le théâtre d’Aristophane, c’est sa vivacité. Les scènes sont assez courtes et l’essentiel est dit. Peu de longues tirades, des répliques cinglantes. Rien ne doit traîner. C’est ce théâtre que j’aime faire : Un théâtre vivant, organique et peu bavard. Un corps à corps.

Avec les comédiens nous travaillerons sur ce jeu physique homme oiseau et cette jouissance du verbe et de l’instant. Nous inventerons un monde, un rythme et un espace temps. Comme dans mes précédentes mises en scène je serai accompagnée par un chorégraphe. Mon travail théâtral est rythme ; Il passe par le corps, corps du texte, corps du comédien. L’engagement des comédiens sera entier et joyeux, un jeu présent et généreux d’une grande liberté de ton. Il s’agira de faire un spectacle cruel, libre et joyeux. D’aborder ici les thèmes de l’exil, de la liberté, du libre arbitre, du pouvoir ,de la manipulation et de la jouissance tout en approchant un peu l’Esprit des fêtes dionysiaques pour lesquelles Aristophane écrivait ses pièces. Cette référence aux textes antiques s’accompagnant pour moi de l’idée que la culture est le moteur de l’évolution de l’homme.



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